Avant de poser vos valises sur les plages dorées de Sal ou de vous élancer sur les sentiers de Santo Antão, une question revient systématiquement dans les forums voyage : quels vaccins faut-il pour aller au Cap-Vert ? La réponse est plus nuancée qu’un simple « aucun obligatoire » — et ignorer certains risques sanitaires peut gâcher votre séjour. Voici tout ce que vous devez savoir en 2026.
Vaccins obligatoires pour entrer au Cap-Vert
Bonne nouvelle pour les voyageurs français : aucun vaccin n’est exigé à l’entrée du Cap-Vert pour les ressortissants venant directement de France métropolitaine ou d’outre-mer.
L’unique exception concerne la fièvre jaune : si vous avez transité dans les 6 jours précédant votre arrivée par un pays endémique (Afrique subsaharienne, Amérique tropicale), les autorités cap-verdiennes peuvent exiger une preuve de vaccination à bord ou à l’aéroport. Si votre itinéraire ne comprend pas un tel transit, vous n’avez rien à faire.
Conseil : même sans transit par une zone d’endémie, gardez votre carnet de vaccination jaune international dans vos bagages à main. Les contrôles sont rares, mais ils existent.
Vaccins recommandés par les médecins voyageurs
Recommandé ne veut pas dire inutile — au contraire. Ces vaccinations sont celles que le Centre de Vaccinations Internationales (CVI) français conseille systématiquement pour un départ au Cap-Vert.
Vaccinations de base à jour (DTP, ROR)
Avant tout voyage, vérifiez que vos rappels Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite sont à jour. Les adultes doivent faire un rappel à 25 ans, puis à 45 ans, puis à 65 ans (intervalles de 20 ans), et enfin tous les 10 ans après 65 ans (75, 85 ans…). Vérifiez aussi votre statut pour la rougeole-oreillons-rubéole (ROR) si vous êtes né avant 1980 et n’avez pas eu les deux doses.
Hépatite A
Le vaccin hépatite A est fortement recommandé pour tous les voyageurs au Cap-Vert. La contamination se fait par l’eau, les aliments crus ou peu cuits, et les mains souillées. Deux injections espacées de 6 à 12 mois confèrent une protection de 20 ans.
Hépatite B
Recommandé si vous prévoyez un séjour prolongé, des soins médicaux sur place ou des comportements à risque. La vaccination hépatite B se fait en trois injections sur 6 mois (ou en accéléré sur 3 semaines en cas de départ urgent).
Typhoïde
Le Cap-Vert est classé à risque modéré pour la typhoïde (Salmonella typhi), transmise par l’eau et les aliments contaminés. Un vaccin ou une gélule orale peuvent être proposés par votre médecin selon votre profil.
Rage (pour séjours longs ou aventureux)
Si vous partez plusieurs semaines, si vous partez randonner dans des zones reculées de Santo Antão ou de Santiago, ou si vous avez des contacts fréquents avec des animaux, la vaccination antirabique préventive est envisageable. Elle ne dispense pas d’un traitement en urgence en cas de morsure, mais allonge considérablement la fenêtre de réaction.
Le paludisme au Cap-Vert : certifié sans paludisme depuis 2024

C’est souvent la question qui inquiète le plus. La bonne nouvelle : le Cap-Vert est officiellement certifié sans paludisme par l’OMS depuis le 12 janvier 2024, ce qui en fait l’un des rares pays africains à avoir éliminé la maladie.
Pas de prophylaxie en routine
Aucune chimioprophylaxie antipaludéenne n’est recommandée en routine pour les voyageurs se rendant au Cap-Vert depuis la France. Cette recommandation s’applique à toutes les îles de l’archipel depuis la certification OMS nationale — la distinction par île (Sal, Boa Vista vs Santiago, etc.) n’est plus d’actualité.
Des cas isolés à surveiller
Depuis 2024, quelques cas de transmission locale ont été signalés à Praia (île de Santiago). Ces cas ne remettent pas en cause la certification, mais ils justifient de maintenir une protection anti-moustiques sérieuse, notamment en soirée et la nuit.
Important : le port de vêtements couvrants après le coucher du soleil et l’utilisation d’un répulsif DEET (30 à 50 %) reste la meilleure protection, quelle que soit l’île visitée. Si vous avez un terrain à risque particulier ou si votre médecin le juge utile, consultez un Centre de Vaccinations Internationales (CVI) qui évaluera votre situation personnelle.
Dengue et autres maladies vectorielles
Le Cap-Vert a connu plusieurs épidémies de dengue ces dernières années. Il n’existe pas de vaccin recommandé pour les voyageurs de court séjour (Dengvaxia est réservé aux personnes déjà infectées). La seule protection efficace reste la protection anti-moustiques : répulsif cutané, moustiquaire la nuit si nécessaire, vêtements longs en soirée.
Consulter notre guide complet sur les moustiques et la dengue au Cap-Vert pour savoir quelles îles sont les plus touchées et à quelle saison.
Eau, nourriture et précautions hygiéniques
L’eau du robinet
Ne la buvez jamais. Au Cap-Vert, l’eau du réseau n’est pas potable, même dans les hôtels de catégorie. Achetez de l’eau en bouteille (disponible partout, ~50 à 80 escudos le 1,5 litre), utilisez des pastilles de purification ou un filtre de voyage si vous partez en randonnée autonome.
Attention aux glaçons dans les petits bars et restaurants bon marché. En cas de doute, demandez votre boisson sans glace.
Alimentation
Les restaurants touristiques de Sal et Boa Vista appliquent généralement de bonnes pratiques d’hygiène. En revanche, dans les marchés locaux et les petites échoppes (tabancas), préférez les aliments cuits à haute température. Les poissons et fruits de mer frais sont excellents au Cap-Vert — mais vérifiez qu’ils sont bien cuits.
Trousse à pharmacie recommandée pour le Cap-Vert
Voici ce que les médecins voyageurs conseillent d’emporter :
| Produit | Utilité |
|---|---|
| Répulsif DEET 30-50 % | Anti-moustiques (dengue, protection générale) |
| Tiorfan (racécadotril) | Diarrhées aiguës |
| Paracétamol | Fièvre, douleurs |
| Antihistaminique | Piqûres, allergies |
| Antibiotique à spectre large | Sur prescription, diarrhée bactérienne |
| Antiseptique cutané | Plaies, coupures |
| Crème solaire SPF 50+ | Soleil intense toute l’année |
| Sels de réhydratation orale | Déshydratation (chaleur + diarrhée) |
| Pince à épiler | Épines, éclats |
Achetez vos médicaments en France : les pharmacies au Cap-Vert existent mais les stocks peuvent être limités et les prix élevés.
Assurance maladie et rapatriement : ne pas négliger
La sécurité sociale française ne rembourse pas les soins à l’étranger au Cap-Vert (pays hors UE/EEE). Munissez-vous d’une assurance voyage avec garantie médicale et rapatriement.
Les cliniques de Praia (Hospital Agostinho Neto) et Mindelo (Hospital Baptista de Sousa) ont un niveau correct pour les urgences courantes. Pour les cas graves, un rapatriement sanitaire vers le Portugal ou la France sera nécessaire — une opération dont le coût peut dépasser 30 000 €.
Vérifiez d’abord vos cartes bancaires (Visa Premier, Gold, Amex) qui incluent souvent une assistance rapatriement si vous avez payé vos billets avec la carte. Sinon, une assurance voyage classique coûte entre 30 et 80 € pour deux semaines.
Préparez votre budget global avec notre guide budget Cap-Vert et consultez les formalités visa pour compléter votre préparation administrative.
Quand consulter un médecin avant le départ ?
Idéalement 4 à 8 semaines avant : certains vaccins nécessitent plusieurs injections espacées (hépatite B, typhoïde en gélules), et un CVI peut vous conseiller en fonction de votre itinéraire précis.
Pour les femmes enceintes : consultez impérativement un médecin spécialisé avant tout départ au Cap-Vert. Certains vaccins sont contre-indiqués ou nécessitent des adaptations. Les îles sèches (Sal, Boa Vista) avec accès rapide à des soins acceptables sont préférables aux îles isolées.
Pour les nourrissons et jeunes enfants : consultez un pédiatre. Le DEET est contre-indiqué avant 24 mois. De 2 à 12 ans, il reste autorisé à concentration ≤ 30 % avec un nombre d’applications limité par jour. Après 12 ans, toutes les concentrations sont utilisables. En cas de doute, préférez l’icaridine (Picaridine) ou les moustiquaires imprégnées, plus sûres pour les jeunes enfants.
Résumé rapide avant le départ
Obligatoire : aucun (sauf fièvre jaune si transit en zone endémique).
À faire systématiquement : vérifier DTP + hépatite A, consulter son médecin ou un CVI pour hépatite B et typhoïde selon votre profil. Pas de prophylaxie antipaludéenne requise (Cap-Vert certifié sans paludisme par l’OMS depuis 2024).
À emporter : répulsif DEET, eau en bouteille, trousse pharmacie complète, assurance rapatriement.
À éviter : eau du robinet, glaçons en établissements douteux, piqûres de moustiques la nuit.
Pour tout savoir sur le timing idéal de votre voyage (saison sèche, saison des pluies et impact sur la santé), lisez notre guide sur la meilleure période pour visiter le Cap-Vert.